Plus qu’une désillusion, la politique n’a aucune place dans la vie des jeunes marocains. Avoir une vie politique active est l’un des derniers soucis d’une jeunesse soupçonneuse et désappointée par ses élus. Une réaction totalement justifiée vu l’incompréhension et le désintéressement caractérisant la relation entre jeunes et dirigeants. De récentes statistiques ont dévoilé que 95% des jeunes marocains disent vivre leur vie en dehors de toute considération politique. Un chiffre scandaleux qui confirme le constat du désintérêt des jeunes à l'égard de la politique au Maroc.
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| P.S : La seule fois où il y a eu autant de députés présents au gouvernement, c'était pour voir le bon vieux Sarko en chair et en os |
En effet, cette abnégation politique a commencé à prendre place depuis une vingtaine d’années. Une grande majorité, pour ne pas dire la totalité, des jeunes marocains boude les urnes et ne se sent en aucun cas impliquée dans le processus électif des nouveaux gouvernants. Très normale comme situation, penseront la plupart d’entrevous, car tout simplement on en a marre d’être la cible de méthodes non-orthodoxes dont usent les différents candidats aux élections pour récolter un maximum de voix et ceci en prenant les gens « pour des cons ». Comment ? Je ne vous apprendrai rien à ce niveau puisque chaque marocain a assisté au moins une fois dans sa vie, aux légendaires compagnes électorales « à la marocaine » : les billets de 200DH qu’on distribue à gauche et à droite aux chômeurs du quartier, les offrandes en denrées alimentaires qu’on offre aux familles pour les amadouer, etc.
Jeunes ou âgés, les marocains ont pour la plupart vu les prétendants aux élections de leur quartier leur faire de fausses promesses ou même leur octroyer des donations, tout ça dans un but ultime : se garantir un siège au parlement pour pouvoir servir ses propres intérêts par la suite car une fois élu, ils laissent tous tomber leur masque du bon citoyen serviteur de ses compatriotes et revêtent le masque du lèche-botte voulant tirer le maximum de profit pécuniaire de leur mandat.
Les causes qu’ils avaient promis de défendre qui semblaient faire partie de leur "pseudo-programme" sont mises aux oubliettes. D’ailleurs, une minorité de ces députés, appelés communément « députés fantômes » vu leur taux d’absentéisme, prennent la peine d’assister aux réunions hebdomadaires organisées au parlement et parmi les présents, plusieurs manifestent leur préoccupation majeure des intérêts de leurs concitoyens en faisant une sieste durant toute la tenue de la réunion.
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| P.S : Mais à quoi bon avoir des sièges aussi confortables au parlement si ce n'est pour y faire une sieste tranquilos ? |
Le cumul des promesses non-tenues par les élus a fait que, selon une grande enquête, 68% des jeunes marocains disent ne pas avoir du tout confiance en la politique contre seulement 13% qui prétendent "avoir confiance en la politique". En revanche, 19% n'ont pas d'opinion là-dessus et déclarent qu'ils ne savent pas. L'âge de l'échantillon interrogé lors de cette même enquête varie entre 15 et 29 ans.
Encore, faut-il souligner, que cette catégorie sociale représente 29% de la population marocaine, à savoir 8,6 millions de jeunes. Plus important encore, c'est que cette méfiance envers la politique n'a aucun rapport avec la classe sociale ou le lieu d'habitation des jeunes car la population choisie pour cette enquête est parfaitement représentative de la jeunesse marocaine. On y retrouve des garçons, des filles, des riches, des pauvres, des moins pauvres, des citadins, des ruraux ...
Ce que les politiciens marocains n’arrivent pas à saisir peut être, c’est qu’ils ne sont plus en face de la même population qu’autrefois. Aujourd’hui, le Maroc s’est développé et sa jeunesse a évolué aussi. Elle est désormais instruite et avertie, ce qui rend le fait de vouloir la duper chose un peu plus difficile puisque les personnes qui en font partie sont beaucoup plus lucides.
D’ailleurs, la logique en politique peut être assimilée à la logique en Marketing : quand on change de cible ou de marché, il faut changer de stratégie. La règle est assez simple mais nos politiques inconscients semblent ne pas s’en soucier.
Bien qu’en politique la situation demeure légèrement plus complexe qu’en marketing. Au Maroc, c’est principalement le doute en les capacités des partis politiques qui fait que la jeunesse préfère s’abstenir de participer à la vie politique de notre pays. Sans oublier un autre paramètre imminent qui n’est rien d’autre que le gouffre générationnel qui se creuse de plus en plus entre les jeunes et leurs représentants.
Un sondage récent a affirmé que 73% des jeunes marocains pensent que "les parlementaires les représentent mal". Un avis déplaisant mais très légitime surtout quand on voit que notre pays dispose d’une classe politique vieillissante s’opposant au renouvellement de générations. Cette configuration politique n’est pas sans conséquence car elle donne lieu à une profonde divergence entre les exigences concrètes de la jeunesse marocaine et les prétentions des vieux gouvernants : une véritable faille séparant les deux mentalités.
D'après M. Mohamed Abied, le secrétaire général de l'UC, parti de l'Union Constitutionnelle :
"Le Maroc traverse une phase d'évolution démocratique. Elle est certainement marquée par tout un legs, constitué par des événements qui ont contribué à la mise en place de cet état de chose. Changer cette situation relève de la responsabilité de tous, y compris des jeunes eux-mêmes qui doivent se décider à rejoindre les rangs des partis politiques".
L’implication d’un pourcentage de jeunes dans le champ politique serait inévitablement un premier pas vers une évolution de notre pays. Certes, la politisation des jeunes est un défi majeur mais pas impossible à relever. Les responsables seraient appelés à déployer plus de moyens pour inclure les générations montantes dans la sphère politique tout en assurant des chances égales pour tout jeune quelque soit sa classe sociale.
Les jeunes marocains savent pertinemment que la politique est incontestablement une composante du développement de leur pays. Ainsi, si la conjoncture politique actuelle est réformée, les jeunes verront dans leur participation un vrai apport pour leur pays puisqu'ils pourront contribuer au renforcement de la vie politique et à la construction d’une démocratie digne d’un pays comme le Maroc.


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