Le discours du 09 Mars 2011 fût le premier discours royal à m’avoir particulièrement interloqué. D’abord pour son caractère exceptionnel puisqu’il est le premier prononcé en dehors des rendez-vous réguliers fixés en fonction des fêtes nationales. Ensuite, pour son contenu qui peut être décrit comme « révolutionnaire » ayant dépassé de loin les attentes du peuple marocain.
Certes, les marocains s’attendait à un discours traitant de l’instauration de nouvelles réformes vu la situation conjoncturelle actuelle où se sont retrouvés plusieurs pays arabes après la révolution du Jasmin en Tunisie. Sauf que ce soir là, les présomptions de tout marocain ont été devancées par un discours historique car le Roi a été très loin en proposant une réforme sérieuse de la constitution marocaine.
Une transmutation constitutionnelle qui suppose l'introduction du concept de la régionalisation avancée que je considère particulièrement comme un pas extraordinaire vers la consolidation des libertés publiques et de l’approfondissement de la démocratisation. D’ailleurs, chaque région disposera de son propre conseil régional dont les membres devront êtres élus au suffrage. Ces institutions détiendront de prérogatives réelles et élargies leur permettant ainsi une gérance assez autonome de leur région.
Un autre point intéressant ayant été traité par le discours du Roi fût la rationalisation des institutions en se basant sur le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs. Ainsi, le roi a préconisé le renforcement du parlement en accordant la prééminence à la Chambre des représentants et la consolidation du rôle du Premier ministre qui sera dorénavant nominé au sein du parti politique arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants et sur la base des résultats du scrutin. De plus, le Roi n’a pas oublié de souligner le statut du Premier ministre en tant que chef d’un pouvoir exécutif effectif.
D’autres fondements de la future constitution ont fait l’objet du discours royal, notamment l’inscription des droits de l’homme et la reconnaissance de la pluralité de l’identité marocaine à travers la consécration de la culture amazighe comme patrimoine collectif de tous les Marocains.
Clairement, ce discours demeurera un moment historique traduisant l’attention consacrée par l’institution monarchique aux différentes revendications de ces dernières années. Surtout que le peuple marocain sera impliqué directement à cette réforme constitutionnelle qui sera assujettie à un référendum. Notre vote aura ainsi plus de sens à nos yeux qu’auparavant.
Il faut avouer que le Maroc, peuple et souverain, ont su gérer brillamment la présente conjoncture d’effervescence du monde arabe en démontrant notre capacité à progresser vers une démocratie basée sur le consensus et non l’affrontement.
Espérons toutefois que la date butoir fixée au moins de Juin 2011 et relative à la concrétisation de certaines réformes, notamment celles liées à la régionalisation avancée, sera respectée par les personnes chargées de leur mise en place effective.
Entre temps, je tire mon chapeau bas à la réponse royale aux revendications de son peuple faisant encore une fois preuve d’ouverture d’esprit, de démocratie et de modernité.

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