La discussion ayant eu lieu lors de l’émission Ajial diffusée sur 2M suite à la réception du très connu gauchiste Omar Balafrej avait soulevé un point sensible et imminent qui est celui des « projets budgétivores » considérés comme inutiles et inadaptés pour un pays comme le Maroc, un pays jugé pauvre. Le projet mentionné comme exemple congruent de ce type de projets superflus était bien évidemment le projet du TGV et son financement estimé à 1,8 milliards d’euros, à savoir 20 milliards de dirhams : un montant exorbitant allant être dépensé dans le cadre d’un projet dont notre pays n’a nul besoin en ce moment alors que dans ce même pays un trajet reliant Rabat-Casablanca coûte actuellement le salaire journalier d’un smigard.
Un constat formellement aberrant pour plusieurs et qui peut être perçu comme une incohérence indubitable entre les besoins concrets du peuple et les décisions prises par nos dirigeants. Certes, en se limitant à l’observation des chiffres relatifs à un tel investissement, on va en conclure que c’est un projet superfétatoire et qu’il fallait penser à débourser cette somme énorme pour régler maints problèmes beaucoup plus prioritaires. Sauf qu’il ne faut pas voir le bout de son nez et pousser l’analyse plus loin pour comprendre mieux une semblable décision.
Il faut savoir que l’engagement du Maroc dans le projet du TGV n’a pas forcément un objectif socioéconomique à atteindre mais un objectif « purement politique ». Bien qu’on nous sorte des discours un peu fourbes en nous énonçant que ce projet aura un fort impact social, grâce à l'amélioration des conditions sanitaires des populations et de leur cadre de vie, le but suprême de ce projet de Train à Grande Vitesse est « P.O.L.I.T.I.Q.U.E ». Comment ? Tout simplement, c’est une histoire d’union territoriale. Celle du Maroc par rapport à son Sahara dont l’appartenance marocaine est hautement menacée ces derniers temps. Comment ? La réalisation de la ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Tanger à Casablanca a été mandatée au profit du Groupe français SNCF et ses filiales SNCF International et INEXIA. Déléguer la mise en place de A à Z d’un projet d’une telle envergure à la France est un choix mûrement réfléchi car il convoite des enjeux politiques conséquents pour le Maroc.
Comme on le sait tous, la France est l’un des pays les plus influents sur les hautes décisions prises à l’échelle internationale (fameuse conséquence de la deuxième guerre mondiale). C’est un pays qui dispose du célèbre droit de « Véto » au Conseil de sécurité des Nations Unies. En conséquence, faire de la France un allier inéluctable ne peut être qu’une carte décisive pouvant être utilisée par le Maroc dans la question du Sahara marocain pour contrer toute tentative inopinée pouvant contraindre l’union territoriale du pays.
Sans doute, l’introduction du TGV ne sera pas sans valeur ajoutée sociétale pour le Maroc surtout que la demande en termes de transport progresse d’années en années et que le réseau classique actuel assez vieillot ne pourra résorber. Cependant, il ne faut pas omettre le fait qu’il existe des projets entrepris dans une optique plus large que l’optique sociale ou économique. Le Maroc doit gérer un problème critique, celui du Sahara, une partie du pays à laquelle nous tenons solidement. Une bataille que mène le Maroc depuis des années maintenant et on peut facilement comprendre qu’il faudrait mettre toutes les chances de son côté pour ne pas la perdre.


Heureusement qu'il y a "Blogger" pour se défouler les weekends ;)
RépondreSupprimerBlague à part, contente de lire un article de plus au sujet de ces révoltants projets budgetivores...
Chapeau pour la qualité du billet!!